03 novembre, 2017
13h30 à 16h30
salle 12,001 de la TELUQ , 5800 Rue St-Denis

L’atelier de réflexion aura lieu à la salle 12,001 de la TELUQ le vendredi 3 novembre, de 13h30 à 16h30.  La TELUQ est située au 5800 Rue-St-denis, en face du métro Rosemont.

La question d’un salaire minimum décent et des droits des travailleurs-euses occupant les emplois à bas salaires est devenue un enjeu politique et social. Plusieurs villes d’Amérique du Nord ont adopté à plus ou moins rapide échéance les 15$; de même que deux provinces canadiennes, l’Alberta et l’Ontario. Au printemps 2017, l’Ontario lançait parallèlement une expérimentation sur le Revenu minimum garanti (RMG).

L’automne dernier, le GIREPS conviait les différentes organisations communautaires et syndicales à partager leurs réflexions sur les enjeux de cette campagne pour la lutte pour les 15$, alors en train de prendre de l’ampleur au Québec. Plusieurs pistes ont été dégagées, dont la nécessité de rendre cette campagne plus inclusive face à la multiplicité des contraintes et discriminations vécues par les travailleurs-euses à bas salaires, ainsi que l’inscription de cette campagne dans une réflexion globale sur une refonte des droits du travail et des droits sociaux.

  1. Quel est l’objet de la rencontre du 3 novembre ?

Nous proposons de prolonger le dialogue sur la campagne pour les 15$ en abordant 1) les luttes collectives et les stratégies déployées sur le terrain afin d’augmenter le salaire minimum à 15$ et 2) l’articulation de cette mesure avec une refonte des droits sociaux, en interrogeant plus particulièrement la mise en place d’un RMG. L’activité du 3 novembre prochain a pour objectif de débattre de ces deux enjeux en partant de “l’expérience ontarienne”.

Si les décideurs-euses publics s’emparent tant de la revendication des 15 $ que de celle sur un RMG, force est de constater qu’en filigrane demeure la question : « comment mobiliser les travailleurs-euses à bas salaire ». Au regard des ambitions gouvernementales qui sous-tendent les politiques publiques, il nous apparaît capital de réfléchir aux façons d’agir des travailleurs-euses en vue d’infléchir ces décisions et d’y inclure les situations de pauvreté et de précarité qui sont éprouvées de façon différenciées selon le sexe, l’âge, l’origine et la “race”, le handicap – pour ne nommer que ces exemples. Les événements aux États-Unis ou, plus proche de nous, en l’Ontario, avec Fight for $15 and Fairness, montrent que ces situations ne sont pas des obstacles à la mobilisation des premièr-ères concernés-es ; les ressources et les stratégies mises de l’avant sont déterminants.

Nous vous proposons ainsi de réfléchir et débattre sur des façons d’organiser les mobilisations et sur les balises nécessaires à la reconstruction d’une protection sociale pour toutes et tous : L’augmentation du salaire minimum permet-elle de répondre aux besoins qui sont à la fois pluriels et différenciés des travailleurs-euses à bas salaires ? Le RMG, sujet qui renaît périodiquement, est-il la réponse adaptée en termes de protection sociale face à la précarisation grandissante ?  Les 15$ et le RMG peuvent-ils répondre aux aspirations des femmes et des travailleurs-euses immigrants-es et racisés-es, en quête d’une reconnaissance de leurs trajectoires professionnelles et de leur citoyenneté ? Alors que le terme d’intersectionnalité est devenu un incontournable dans les milieux académiques et féministes, en quoi les 15$ et le RMG répondent-ils aux situations spécifiques de contraintes et de dominations que vivent les femmes et les populations immigrantes de diverses origines et de diverses positions sociales sur le marché du travail ? Quelles sont les autres pistes de propositions ? Que nous montre l’exemple de l’Ontario?

  1. Comment cette rencontre est organisée ?

L’atelier aura lieu à la TELUQ de 13.30h à 16h00, le vendredi 3 novembre. Quatre conférenciers-ères vont intervenir pour une quinzaine de minutes suivi d’une période d’échanges avec la salle.

  • Lucie Lamarche, professeure au département des sciences juridiques de l’UQAM, tracera un portrait critique de la révision des normes du travail (incluant la hausse annoncée du salaire minimum à 15$) et de la mise en place d’un “projet-pilote” de RMG en Ontario en les resituant dans les débats plus larges sur l’articulation de la protection sociale et du marché du travail.
  • Marie-Pierre Boucher, professeure au département de relations industrielles de l’UQOprésentera les enjeux d’un RMG s’inspirant des luttes et réflexions féministes depuis les 30 dernières années au Québec.
  • Cheolki Yoon, du Centre des travailleurs-euses immigrant-e-s (CTI), situera ces enjeux du point de vue des travailleurs-euses im/migrant-e-s,
  • Gaetan Heroux, de l’Ontario’s Coalition Against Poverty (OCAP) interviendra sur la question de la pauvreté et discutera des nouvelles mesures en les situant dans une perspective historique.

Merci de confirmer votre présence à gireps.coordo@gmail.com