La pauvreté en emploi : actualiser les savoirs et les stratégies d’action

La question de la pauvreté en emploi est d’une grande actualité. L’emploi se transforme : de relativement stable qu’il était, il devient de plus en plus précaire, flexible, temporaire, en sorte qu’il ne permet souvent plus de garantir un niveau de revenu suffisant pour ne pas être pauvre. Cette évolution concerne tout particulièrement les femmes, les jeunes, les travailleurs et travailleuses âgé-e-s, les immigrant-e-s, bref, tous les groupes sociaux exclus à divers degrés du marché du travail actuellement en perte de vitesse : stable, syndiqué, protégé, fondé à l’origine sur le modèle de l’homme pourvoyeur. La pauvreté en emploi entraîne des comportements de consommation spécifiques en matière d’alimentation, de logement et d’endettement. Nous sommes aussi amenés à prendre en compte le fait que les personnes sont plus à risque de pauvreté lorsqu’elles vivent seules plutôt qu’en couple, en famille, ou en colocation. Il y a donc là un ensemble de stratégies individuelles, familiales et collectives pour faire face à l’insuffisance de revenus. Ces phénomènes ne sont que partiellement connus et reconnus. Leur saisie est pourtant essentielle si l’on veut développer des stratégies d’action, de mobilisation, de transformation des politiques publiques, des conditions de travail et de rémunération qui produisent des changements réels. Le GIREPS est un groupe de recherche dont l’objectif est de produire et de diffuser des savoirs, issus tant de la recherche universitaire que des pratiques de terrain, qui pourront contribuer à mieux connaitre et mieux comprendre l’évolution et l’état actuel du phénomène de la pauvreté en emploi. Voir nos thèmes de recherche.

Qui le GIREPS rassemble-t-il?

Le GIREPS, fondé par Pierre-Joseph Ulysse, rassemble à la fois des chercheur-e-s du milieu universitaire, des professionnelles de la recherche appliquée, de la recherche partenariale, de la recherche co-construite et du transfert des connaissances, et des étudiant-e-s. Ces chercheur-e-s se répartissent dans quatre universités, un centre de recherche appliquée et un centre de recherche gouvernemental, à partir de cinq ancrages disciplinaire différents : service social, sociologie, anthropologie, économie et droit. Les membres étudiants contribuent à la fois aux activités de recherche et à l’organisation des activités. Le GIREPS compte aussi sur l’appui organisationnel et scientifique d’une coordonnatrice. En savoir plus sur les membres du GIREPS.
Par ailleurs, une des priorités du GIREPS est l’articulation des savoirs issus de la recherche avec les savoirs issus de la pratique. Pour cette raison, nous travaillons le plus possible en collaboration avec différents acteurs et des groupes d’action sociale concernés par la pauvreté en emploi, afin de produire une recherche ancrée dans des processus de coconstruction et de croisement des savoirs.

Le GIREPS au Brésil: desenvolvimento e pobreza (développement et pauvreté)

Dans le contexte actuel de la mondialisation, il est fondamental d’avoir recours aux comparaisons internationales pour comprendre le phénomène de la pauvreté en emploi. En outre, les sciences sociales ont, à l’origine, été construites par des intellectuels occidentaux et ont été dominées par cette perspective jusqu’à aujourd’hui. Or, au moment même où les rapports de pouvoir qui avaient jusqu’ici gouverné les relations Nord-Sud sont en train d’évoluer, voire de basculer, dans la foulée de l’émergence de certains pays du Sud au rang de puissances économiques et politiques mondiales, des intellectuels du Sud s’activent dans la réinvention de sciences sociales qui soient décolonisées et mieux aptes à rendre compte des réalités non occidentales. Le GIREPS souhaite prendre acte de ce basculement intellectuel en voie de s’opérer, et incorporer dans ses réflexions des perspectives élaborées par et pour le Sud – et qui, par voie de comparaison, peuvent aussi aider à repenser les transformations des sociétés du Nord.
Pour le GIREPS, le Brésil est un pays particulièrement important en tant que puissance émergente, autant sur le plan économique qu’intellectuel. En outre, le phénomène de la pauvreté en emploi y touche une très grande proportion de la population, de l’ordre de 70%. Notre principal collaborateur brésilien, Fernando Pires, économiste à l’Université fédérale du Ceará, s’active présentement à y monter un réseau de chercheurs et d’étudiants. Comme la question de la pauvreté en emploi n’est pas posée exactement dans les mêmes termes au Brésil qu’au Québec, leur objet principal se formule en termes de « développement et pauvreté ». Les axes de recherche, par contre, recouperont plus étroitement celles du GIREPS au Québec : les dynamiques du marché du travail, les conditions de vie et de travail des travailleurs et travailleuses pauvres, l’économie solidaire, les dynamiques familiales, les politiques publiques, ainsi que le développement soutenable et l’économie écologique. En savoir plus sur nos partenaires et réseaux de collaboration au Brésil.