Rapport de recherche: Salaire minimum à 15 $ au Québec ? Enjeux socioéconomiques et obstacles à l’action collective : un bilan critique

RÉSUMÉ Qu’en est-il du salaire minimum aujourd’hui et de la revendication d’une hausse à 15 $? Où en sont les campagnes menées au Québec par les organisations syndicales, les groupes d’action communautaire et les autres regroupements engagés sur ces enjeux ? Ce seuil de 15 $, devenu un objectif symbolique en Amérique du Nord, suscite des clivages tendus et plusieurs constats montrent que ces campagnes se heurtent non seulement à des résistances de la part des organisations patronales — leurs « adversaires naturels » — et du gouvernement, mais aussi, paradoxalement, à des réticences au sein même des effectifs des organisations syndicales et des groupes d’action communautaire, ainsi que dans des milieux du travail à bas salaires et non syndiqués. Ce rapport livre les résultats d’une recherche, sur ces questions, conjuguant deux volets. Le premier mobilise d’une part, une étude documentaire des enjeux et des impacts appréhendés d’un salaire minimum à 15 $ et d’autre part, une analyse comparative critique des « campagnes pour le 15 $» aux États-Unis et au Canada avec celles menées au Québec afin de mettre en contexte le deuxième volet : une enquête de terrain. Cette dernière vise à identifier les facteurs à la base de ces réticences, sur deux niveaux : d’abord, les collectifs et les profils de travailleur-euse-s où elles se manifestent afin d’en déterminer la nature; ensuite, les structures mêmes des organisations syndicales et des groupes communautaires pour caractériser les obstacles endogènes auxquels ces campagnes font parfois face. Cette recherche partenariale et qualitative mobilise des phases d’observation directe et participante ainsi que des entretiens individuels et de groupe auprès d’organisations syndicales, de groupes communautaires et de travailleur-euse-s directement concerné-e-s par cette hausse du salaire minimum. Ses deux objectifs sont, premièrement d’étudier les impacts qualitatifs d’une telle hausse sur les travailleur-euse-s dont la rémunération est comprise entre 15 $ et 19 $/h — une catégorie où se manifestent justement une partie des réticences observées (travailleur-euse-s syndiqués, indépendants, en PME, immigrants, etc.) – deuxièmement d’analyser les interactions entre les organisations syndicales et non syndicales (groupes communautaires et autres) sur ces enjeux, dans le contexte des différentes campagnes menées en coalition ou séparément. Certains résultats montrent que la cohésion de ces campagnes paraît fragilisée par deux types d’obstacles. Le premier, porte, d’une part, sur les interactions intrasyndicales, entre centrales, syndicats affiliés et syndicats locaux et d’autre part, sur les relations entre les groupes communautaires représentant des catégories diverses : professionnelles, communautaires, travailleur-se-s non-syndiqué-e-s, femmes, immigrants, etc. Le deuxième type d’obstacles concerne les relations externes : d’abord, « l’alliance naturelle» censée renforcer la collaboration entre organisations syndicales et groupes communautaires se heurte à des obstacles allant de l’initiative de « faire cavalier seul » de certains acteurs, aux dissidences à des moments décisifs de la campagne; il y a ensuite les relations extérieures, problématiques ou lacunaires, entretenues — ou non — par les organisations syndicales et les groupes communautaires avec les autres acteurs de la société civile : les organisations patronales, les médias et, surtout… avec l’État. Mots-clés: Salaire minimum, campagnes 15 $, action collective, syndicalisme, groupes communautaires.

Articles scientifiques, Rapport de recherche

Sid Ahmed Soussi et  Maxime Thibault-Leblanc, en collaboration avec Mélanie Gauvin.

Retour sur la Journée de réflexion sur le projet de loi 59 (Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail)

Tenue le 21 décembre 2020, cette journée de réflexion a eu pour objectif de clarifier le contenu du projet de loi 59 ainsi que de discuter de plusieurs enjeux qu’il soulève. Il ressort, dans l’ensemble, deux constats principaux, à savoir un certain progrès de la prévention et un recul pour l’indemnisation. Des enjeux plus spécifiques se posent pour certaines catégories de travailleur·euse·s, soit les non-syndiqué·e·s et les travailleur·euse·s aux statuts atypiques. Face à ce projet de loi, les organisations de travailleur·euse·s n’étaient pour l’heure pas clairement positionnées et les possibilités de mobilisation demeuraient incertaines.   Animateur : Cheolki Yoon (Université de Montréal) Présentatrice : Geneviève Baril-Gingras (Université Laval) Acteurs de terrain présents à la discussion : Félix Lapan (UTTAM), David Mandel (CTI), Sébastien Paquette (CQSU-AFPC-Québec)

Compte-rendu

Léa Coget

Précarité au travail et pratiques de gestion de le mouvement de l’action communautaire autonome

C’est la question que pose la 5e et dernière vignette inspirée de la recherche sur les conditions de travail dans le mouvement de l’action communautaire autonome, réalisée par le Gireps en partenariat avec le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), la Fafmrq Quebec, Comité sectoriel de main-d’oeuvre – Économie sociale / action communautaire et Au bas de l’échelle. Vignettes à télécharger et partager : Vignette 1 – Saviez-vous qu’une personne qui travaille dans le communautaire Vignette 2 – Endosser la pauvreté pour la combattre? Vignette 3 – Améliorer les conditions de travail au détriment des services? Vignette 4 – Au-delà de la vocation! Vignette 5 – Multiplication des statuts d’emploi dans le communautaire Ce rapport de recherche présente les résultats d’une recherche partenariale menée par le GIREPS et quatre organismes partenaires: le Réseau Québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA);  la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ), le Comité sectoriel de main d’oeuvre Économie sociale Action communautaire (CSMO-ESAC) et Au Bas de l’échelle. Cette recherche comporte deux volets. Le premier volet trace le portrait des conditions de travail dans le mouvement de l’action communautaire autonome et vise à répondre à la question de recherche suivante : par-delà les quelques données statistiques dont nous disposons, quelles sont les conditions de travail et de vie des travailleurs et travailleuses de l’action communautaire autonome et quelles conséquences ont-elles sur leur vie quotidienne ? Le second volet interroge quant à lui les conditions de travail à partir des stratégies de gestion mises en place par les personnes occupant des postes de direction et d’administration et répond à la question suivante : quelles sont les pratiques de gestion conditionnant l’expérience du travail dans le secteur de l’action communautaire autonome et comment ces dernières ont-elles évolué au cours des dernières années ? Cette recherche aborde notamment les enjeux suivants: la précarité des conditions de travail, la multiplication des statuts d’emploi, la flexibilité et l’autonomie au travail ainsi que le rapport à la vocation et l’attachement aux valeurs et aux pratiques du mouvement de l’action communautaire autonome. LA VIDÉO DU WEBINAIRE OÙ SE FAIT LA PRÉSENTATION DE LA RECHERCHE EST SUR CE LIEN FACEBOOK Le rapport de recherche est également disponible sur le site de nos partenaires: RQ-ACA: www.rq-aca.org FAFMRQ: www.fafmrq.org CSMO-ESAC: https://www.csmoesac.qc.ca/ Au Bas de l’échelle: www.aubasdelechelle.ca  

Mylène Fauvel, Yanick Noiseux, Léa Coget (Collaboratrices: L. Binhas, L. Desjardins, C. Métivier)

Être considéré.e apte à l’emploi et n’en occuper aucun: quelques explications

Publication par Marie-Josée Dupuis et Diane Gagné dans la revue Bulletin de liaison de OCTOBRE 2020 – VOLUME 45, Nº 1 « Au cours des 25 dernières années, le nombre de personnes assistées sociales considérées sans contraintes à l’emploi n’a cessé de diminuer. En avril 2020,il s’élevait à 101435 personnes. Des études ont démontré que les fluctuations du nombre de personnes assistées sociales découlent en grande partie de l’état de l’économie et du marché du travail, et non de facteurs individuels. Malgré cela, s’appuyant sur le stéréotype de la personne assistée sociale paresseuse, profiteuse et dépendante du système de soutien du revenu, les gouvernements continuent de placer l’incitation au travail au centre de leurs politiques d’assistance sociale. » https://www.fafmrq.org/publications/ensemble-prendre-soin-de-la-vie-bulletin-vol-45-no-1/

Articles scientifiques

Marie-Josée Dupuis et Diane Gagné.

Loi 8 et syndicalisation des travailleurs agricoles saisonniers: Une histoire à revisiter pour lutter contre le racisme systémique

Texte de vulgarisation publié dans la revue Le Point du Comité de solidarité de Trois-Rivières. Novembre 2020. (Texte en ligne: http://www.cs3r.org/6707-loi_8_et_syndicalisation_des_travailleurs_agricoles_saisonniers) « Les temps de pandémie qui nous vivons maintenant, nous montrent plus que jamais, la relation étroite entre la précarité d’emploi et le statut d’immigration. Cependant, cette relation n’est pas neuve. Elle a été produite historiquement. Dans le cas des travailleurs agricoles saisonniers du Québec, cette production est bien observable avec le projet de loi 8 de 2014 qui a presque éradiqué les possibilités de syndicalisation des travailleuses et travailleurs migrants dans le secteur agricole. Si déjà leur condition de déportabilité définie par le gouvernement fédéral était un facteur qui a limité leur capacité à s’organiser et à se syndiquer, le projet de loi 8 provincial, maintenant les empêche totalement de s’organiser pour améliorer leurs conditions de travail. »

Articles de vulgarisation

Manuel Salamanca Cardona

Et si le gouvernement cessait de condamner le communautaire à la précarité?

Un texte de Mylène Fauvel et Yanick Noiseux publié dans La Voix de l’Est (Texte disponible en ligne ) le 22 Octobre 2020. Le rapport complet sur les conditions de travail de travail dans le communautaire est disponible sur le site web du GIREPS. « Et si le gouvernement cessait de condamner le communautaire à la précarité? Ces personnes ont été aux avant-postes afin de répondre dans l’urgence aux effets délétères de la pandémie et du confinement. Les services publics, ravagés par de longues années de politiques d’austérité ayant rapidement montré leurs limites, ce sont vers eux que nous nous sommes largement tournés lorsque nous nous sommes préoccupés du sort des personnes en situation d’itinérance, de la sécurité alimentaire des ménages ayant perdu leur emploi, ou encore lorsque nous avons constaté que le confinement se traduisait par l’augmentation de la violence conjugale et des problèmes de santé mentale. Ce qui est toutefois moins connu, c’est que bon nombre de ces travailleurs et travailleuses doivent endosser la précarité pour la combattre. Le récent projet de recherche que nous avons mené sur les conditions de travail dans le secteur montre d’ailleurs qu’ils vivent une grande précarité économique faisant en sorte que le moindre imprévu vient rapidement bousiller leur budget. Parce que les financements ponctuels et à la pièce prennent trop souvent le pas sur le financement dit « à la mission », plusieurs ne savent même pas jusqu’à quand ils auront un emploi, craignent de voir leur poste aboli, leurs heures de travail drastiquement coupées ou encore doivent régulièrement faire des allers-retours à l’assurance-emploi. Pour la quasi-totalité des travailleurs et travailleuses du secteur, ce n’est par ailleurs que parce qu’ils peuvent compter sur des « arrangements hors travail » – comme le revenu d’un conjoint, l’accès à un logement à faible coût ou à un revenu d’appoint, etc. – qu’ils arrivent à boucler leurs fins de mois. Profondément attachés aux valeurs et aux pratiques du mouvement communautaire, les travailleurs et travailleuses chérissent l’importance de leur travail, mais force est de constater que la précarité à ses limites. Plusieurs s’y résignent pour quelques années puis, souvent à contrecœur, doivent partir. D’ailleurs, le taux de roulement dans ce secteur est très élevé, se situant autour de 30 % annuellement. Et ceci n’est pas étranger au fait que la surcharge de travail y est considérable puisqu’un travailleur communautaire sur cinq a vécu de l’épuisement professionnel. Bon nombre de décisions gouvernementales prises durant la pandémie ont eu comme effet d’augmenter de façon draconienne cette charge de travail. Alors que le mouvement communautaire avait besoin de personnel formé et prêt à venir prêter main-forte sur une longue période, le gouvernement a plutôt choisi de s’appuyer sur la plateforme « je bénévole ». Non seulement cette façon de faire suppose que n’importe quelle « paire de bras » puisse « faire la job » et contribue à dévaloriser le travail qui se fait dans le mouvement communautaire, mais cela a aussi considérablement accru la charge de travail. En effet, il fallait bien coordonner, accueillir et supporter les nombreux bénévoles ayant répondu à l’appel, et ce, sans pouvoir compter sur des ressources supplémentaires. Pour le dire autrement, contrairement à la stratégie adoptée dans les CHSLD, ou encore plus récemment dans le secteur scolaire avec l’initiative « Répondez présent », le gouvernement Legault a choisi de s’appuyer sur le travail gratuit — bien souvent de femmes, rappelons-le — en se disant qu’encore une fois, le mouvement communautaire « s’arrangera ». Certes, les subventions d’urgence, annoncées tardivement, sont venues offrir une certaine lueur d’espoir. Toutefois, comme l’a souligné Caroline Toupin, coordonnatrice du Réseau québécois de l’action communautaire autonome, les organismes ont dû remplir, pour recevoir des sommes marginales, des demandes fastidieuses venant s’ajouter aux tâches d’équipes de travail déjà au bord de l’épuisement. Les sommes allouées, non récurrentes et versées parfois plusieurs mois après le début de la pandémie, ont été orientées vers les services définis comme prioritaires par le gouvernement. Elles n’ont donc pas permis l’embauche de personnel permanent et décemment rémunéré, tout en ayant pour effet de limiter l’autonomie des organismes qui sont les plus à même d’identifier les besoins réels sur le terrain. La pandémie nous laisse donc face à deux constats. D’une part, elle a bien montré que le mouvement communautaire joue un rôle social crucial et constitue un élément vital de notre filet social. Et d’autre part, encore une fois, les décisions gouvernementales en contexte de crise ont contribué à dévaloriser le travail qui s’y fait et à accroître la charge de travailleurs et travailleuses sous-payés et faisant chaque jour des petits miracles. Ne serait-il pas temps que le gouvernement aille par-delà les remerciements symboliques et cherche enfin à offrir un financement de base adéquat permettant l’amélioration concrète des conditions de travail de ce secteur? Après tout, la relance de l’économie post-pandémie ne pourra que s’appuyer sur la brique et le béton, mais devra aussi pouvoir compter sur l’action communautaire pour colmater les dommages, fort sérieux et de plus en plus visibles, de la pandémie sur le tissu social. »      

Articles de vulgarisation

Mylène Fauvel et Yanick Noiseux

Militantisme, justice sociale et inégalités numériques : étude de groupes de lutte contre la pauvreté au Québec

Cet article présente des résultats de recherche portant sur les pratiques de communication de 19 groupes de lutte contre la pauvreté au Québec. À cet égard, il s’intéresse aux difficultés rencontrées dans ces pratiques, à leurs objectifs, aux usages des médias numériques utilisés par les groupes, ainsi qu’aux besoins qu’ils expriment en matière de communication publique. L’analyse des données fait émerger les facteurs organisationnels et communicationnels qui permettent d’expliquer l’usage ou le non-usage des médias numériques chez ces groupes. Les résultats montrent que les pratiques de communication numérique sont contingentes des ressources et des compétences numériques dont disposent les organisations et leurs publics. Ils mettent également en lumière un phénomène de stratification numérique de la mobilisation sociale par laquelle certaines formes organisationnelles, certains répertoires d’actions collectives et certaines stratégies de communication publique se voient refusés aux groupes qui ne disposent pas des ressources et des capacités requises pour en tirer profit. Mots-clés : militantisme, lutte contre la pauvreté, justice sociale, communication publique, inégalités numériques

Articles scientifiques

Normand Landry; Anne-Marie Gagné; Sylvain Rocheleau; Christiane Caneva; Pascale Caidor; Mathieu Bégin

Engaging migrant careworkers: examining cases of exploitation by recruitment agencies in Quebec, Canada

Summary: Private, for-profit recruitment and employment agencies are key intermediaries connecting migrant workers from abroad to employers in Canada. Despite this, there is a lack of effective regulation of recruitment agencies by the Canadian federal and provincial governments. The objective of this article is to provide a snapshot of the problem, based on the empirical analysis of the casework of PINAY, a community organisation in Montreal, Quebec, highlighting the multiple compounding effects of this type of exploitation and to highlight the role that community-based organisations play in supporting migrant workers faced with them. Our analysis identifies three types of exploitation: exploitation of financial need, exploitation of immigration precarity, and exploitation of relationships. We conclude the article by discussing community level responses to the exploitation migrant works face in their interactions with recruitment agencies and reflect upon the implications of Quebec’s recent amendment of its labour standards.

Articles scientifiques

Lindsay Larios, Jill Hanley, Manuel Salamanca Cardona, Mostafa Henaway, Nuha Dwaikat Shaer, Sonia Ben Soltane

Les réalités du Sud sont-elles solubles dans la pensée du Nord ?

Sid Ahmed Soussi et Youssef Sadik viennent tout juste de faire paraître l’article « Les réalités du Sud sont-elles solubles dans la pensée du Nord ? Enjeux et perspectives » au sein du numéro « Épistémologies des Suds » de la Revue Interventions économiques. Vous pouvez consulter l’article gratuitement en ligne Voici un extrait tiré du résumé du texte : « Quelles postures adopter pour comprendre et expliquer les phénomènes sociaux et les réalités du Sud ? Comment contenir les effets pervers – au sens boudonien – des logiques historiquement produites et culturellement marquées par la pensée du Nord ? Comprendre et expliquer se conjuguent dans cette pensée pour déconstruire les mécanismes de reproduction et des dispositifs d’innovations sociales produits et réinstitués par les sociétés du Nord. Peut-on encore alors continuer de considérer comme des références universelles les modèles théoriques explicatifs conçus par ces sociétés pour leurs propres réalités ? Les études critiques présentées ici ouvrent, chacune à sa manière, des pistes de réflexion nouvelles. Elles s’inscrivent, au-delà de leur très forte diversité contextuelle et des singularités propres à leurs objets respectifs, dans une herméneutique des émergences. Leur point de convergence est leur volonté de se saisir des potentiels émancipateurs conçus et déployés par et dans les sociétés des Suds, à travers des pratiques alternatives, aussi diverses dans leur globalité que singulières dans l’intelligence de leurs réponses aux contextes locaux où elles prennent forme ».  

Articles scientifiques

Sid Ahmed Soussi et Youssef Sadik