Cette étude vise à documenter les effets de la pandémie et des mesures sanitaires sur les pratiques des groupes de femmes membres du Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (RGF-CN). Trente-deux participantes — travailleuses, bénévoles et militantes — ont contribué à cette recherche exploratoire. Trois dimensions y ont été particulièrement analysées : les pratiques d’intervention auprès des femmes, la vie associative et démocratique, ainsi que la gestion et l’organisation du travail. Ce travail met en lumière des pratiques, des questionnements et des apprentissages précieux pour renforcer, en temps de crise, la capacité d’action des groupes de femmes. Il souligne aussi leur rôle essentiel dans la défense des valeurs féministes de solidarité et de justice sociale.
Rédigé par Mylène Fauvel, Yanick Noiseux et Ophélie Couspeyre et élaboré par le GIREPS en partenariat avec le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), la Table nationale des Corporations de développement communautaire (TNCDC), l’Observatoire de l’action communautaire autonome (OACA) et le Comité sectoriel de main-d’œuvre Économie sociale et Action communautaire (CSMO-ÉSAC), le rapport de recherche illustre le fait que les interventions gouvernementales, mises en place notamment dans le contexte pandémique, ont contribué à la dévalorisation et à la précarisation des conditions de travail et d’emploi au sein des organismes communautaires. Ces dynamiques se traduisent par l’accroissement de la surcharge de travail et l’épuisement des travailleuses et travailleurs du communautaire. Télécharger le rapport complet Quelques faits saillants Durant la pandémie de la COVID-19, les gouvernements – tant au provincial qu’au fédéral –ont eu recours aux organismes communautaires qu’ils considéraient comme « essentiels » pour répondre aux besoins socio-économiques émergeants et mitiger les répercussions des mesures sanitaires sur les populations vulnérables. L’État n’a pas eu le réflexe de penser aux organismes communautaires lorsqu’est venu le temps de mettre en place des consignes et des directives sanitaires. Ces consignes et directives, arrivées tardivement, étaient bien souvent inadaptées à la réalité des organismes (pratiques et types d’intervention, taille et disponibilités des locaux, etc.). Des fonds d’urgence ont été mis en place pour appuyer les organismes communautaires dans la réalisation de leur mission, pour l’adaptation aux consignes sanitaires et pour le développement de nouveaux services et activités. Ces fonds étaient toutefois presque toujours non récurrents et orientés vers les priorités gouvernementales, le plus souvent accompagnés de lourds processus de demandes de financement et/ou de redditions de compte. Ces fonds n’ont pas permis d’améliorer de manière pérenne les conditions de travail dans les organismes communautaires et ont posé des enjeux quant au respect de l’autonomie des organismes communautaires dans l’identification de leurs priorités d’action. Les gouvernements, tant provincial que fédéral, ont joué un rôle actif pour aiguiller des chômeur·euse·s pandémiques, des jeunes et des étudiant·e·s vers les organismes communautaires afin qu’ils et elles y effectuent un travail gratuit ou quasi gratuit, alors qu’on a généralement opté pour des emplois rémunérés ou à différentes primes dans d’autres secteurs d’activités. La gestion de la crise sanitaire par l’État a contribué à dévaloriser et à précariser le travail effectué dans le secteur communautaire, notamment en mobilisant des discours s’appuyant sur une rhétorique de la vocation et du « don de soi » pour répondre aux besoins de maind’oeuvre dans le secteur. Les remerciements et, plus largement, la reconnaissance symbolique de l’État ne sont pas accompagnés d’une reconnaissance concrète et par l’octroi de financement conséquent répondant aux besoins exprimés par le secteur communautaire. Cette situation a mené à l’indignation de nombreux travailleurs et travailleuses du secteur plus que jamais confronté·e·s aux doubles standards, notamment lorsqu’ils et elles côtoyaient du personnel du réseau public pour accomplir des tâches similaires. La surcharge de travail et l’épuisement professionnel dans les organismes communautaires a atteint un « point de rupture » et de non-retour durant la pandémie, et ce en raison d’une surcharge accrue de travail découlant notamment des tâches excédentaires liées au recrutement, à l’accompagnement et à l’encadrement des bénévoles. Le contexte de délestage et les répercussions délétères liées au caractère inadapté de certaines directives et mesures sanitaires aux réalités des populations les plus vulnérables ont également contribué à accroître la détresse émotionnelle des travailleur·euse·s du secteur communautaire. Durant la pandémie, une partie du mouvement communautaire autonome a mis en place des stratégies pour améliorer – ponctuellement ou à plus long terme – les conditions de travail et d’emploi dans le secteur. Ces améliorations semblent toutefois avoir été justifiées non pas par une volonté de mieux reconnaître « en soi » le travail qui s’y accomplit, mais plutôt par des logiques gestionnaires de recrutement et/ou de rétention de personnel en contexte de rareté de main-d’oeuvre. Les enjeux liés à la multiplication des statuts d’emploi et à la précarité exacerbée par des statuts non permanents et/ou à temps partiel n’ont que trop rarement été pris en compte. Certaines des stratégies de gestion mises en place ont eu des répercussions négatives pour les travailleur·euse·s, et ce même si celles-ci ont pu être instaurées dans une logique de solidarité entre organismes (comme le prêt de personnel). La flexibilité d’horaire, notamment au début de la pandémie, bien que souvent justifiée par un souci de bienveillance, a pu avoir des effets indésirables : accroissement du travail gratuit, double journée de travail en raison des exigences familiales et la porosité des « frontières » entre le temps de travail et le temps personnel. En raison des particularités liées au contexte pandémique, mais aussi aux modalités des consignes sanitaires et de certains choix de gestion, un glissement vers des approches individualisées a pu être constaté, contrastant avec les approches et pratiques traditionnellement mises en place dans les organismes communautaires. Cela peut constituer un enjeu pour le recrutement et la rétention du personnel, lequel ne se reconnaît alors plus dans la façon de mener leurs activités de travail.
Le présent rapport résume le cheminement et les résultats d’une étude menée entre janvier 2022 et août 2023 sur les conditions d’emploi et de travail, en particulier de santé et de sécurité, dans les entrepôts de Dollarama et d’Amazon de la grande région de Montréal. Il contient six sections. La première présent le projet de recherche et sa problématique, ainsi que la méthodologie de recherche-action adoptée. Les deuxième section brosse un bref portrait des deux entreprises étudiées et des transformations du secteur de l’entreposage dans lesquelles elles s’inscrivent. Les troisième, quatrième et cinquième sections présentent les principaux constats de la recherche concernant respectivement les caractéristiques de la main-d’oeuvre, les conditions d’emploi et les conditions de travail dans les entrepôts des deux entreprises dans la région de Montréal. Un encart portant sur l’analyse des signalements de situations dangereuses (des plaintes) et des rapports d’intervention des inspecteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) concernant ces deux entreprises complète le rapport d’enquête. La section 7 contient quelques pistes d’action issues de la recherche, dans le but d’améliorer les conditions de travail et d’emploi des travailleurs et travailleuses d’entrepôts. Le rapport est aussi disponible sur le site web du CTI
Le présent document vise à présenter les principaux indicateurs statistiques qui sont utilisés au Québec, leurs méthodes de calcul et composantes ainsi que certaines statistiques importantes mobilisées dans les discussions portant sur la pauvreté. Ce faisant, nous visons à mettre en évidence leurs champs de validité ainsi que leurs limites et, surtout, d’offrir un outil permettant au public d’être en mesure de naviguer parmi ses indicateurs et de comprendre de quoi il est question lorsqu’un de ceux-ci est mobilisé.
Au printemps 2020, en contrepoint de ce qui a été appelé le « Grand confinement », des milliers de travailleur·euses·s ont continué à travailler quotidiennement à l’extérieur de leur domicile, s’exposant au risque de contracter la COVID-19, faisant souvent face à une hausse de leur charge de travail et devant composer avec les défis de conciliation travailfamille-études. Qualifié·e·s d’« essentiels », ces travailleur·euse·s et leurs emplois ont été au cœur de l’action publique ; ils et elles incarnent la tension entre la nécessité de répondre aux besoins vitaux de la population et celle de préserver du système économique capitaliste qui fut mise à l’épreuve par la pandémie. S’inscrivant dans le prolongement des réflexions sur le rôle de l’État dans la structuration des marchés du travail, ce rapport présente et analyse de manière croisée quatre études de cas portant sur des secteurs d’emploi qui furent particulièrement concernés par les enjeux de l’action publique dans le cadre de la première vague de la pandémie de COVID-19 : 1) le secteur des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), 2) les organismes d’action communautaire autonome, 3) l’exploitation maraichère et 4) l’industrie de la construction. Ce rapport met en lumière le paradoxe d’un « Grand confinement » marqué, pour bon nombre de travailleur·euse·s au Québec, non pas par une « mise sur pause », mais plutôt par une injonction forte au travail soutenue par des mécanismes d’activation et d’incitation méthodiquement construits par l’intervention gouvernementale provinciale et fédérale. Impliquant des dispositifs qui, dans un double mouvement, incitent et contraignent la mobilité des travailleur·euse·s sur le marché du travail suivant des modalités de précarisation se déployant à l’intersection de rapports de genre, de race et de classe, ces interventions ont contribué au prolongement des divisions du travail et de leurs modalités d’exploitation, et ce, au sein même des « travailleur·euse·s essentiel·le·s ».
RÉSUMÉ Qu’en est-il du salaire minimum aujourd’hui et de la revendication d’une hausse à 15 $? Où en sont les campagnes menées au Québec par les organisations syndicales, les groupes d’action communautaire et les autres regroupements engagés sur ces enjeux ? Ce seuil de 15 $, devenu un objectif symbolique en Amérique du Nord, suscite des clivages tendus et plusieurs constats montrent que ces campagnes se heurtent non seulement à des résistances de la part des organisations patronales — leurs « adversaires naturels » — et du gouvernement, mais aussi, paradoxalement, à des réticences au sein même des effectifs des organisations syndicales et des groupes d’action communautaire, ainsi que dans des milieux du travail à bas salaires et non syndiqués. Ce rapport livre les résultats d’une recherche, sur ces questions, conjuguant deux volets. Le premier mobilise d’une part, une étude documentaire des enjeux et des impacts appréhendés d’un salaire minimum à 15 $ et d’autre part, une analyse comparative critique des « campagnes pour le 15 $» aux États-Unis et au Canada avec celles menées au Québec afin de mettre en contexte le deuxième volet : une enquête de terrain. Cette dernière vise à identifier les facteurs à la base de ces réticences, sur deux niveaux : d’abord, les collectifs et les profils de travailleur-euse-s où elles se manifestent afin d’en déterminer la nature; ensuite, les structures mêmes des organisations syndicales et des groupes communautaires pour caractériser les obstacles endogènes auxquels ces campagnes font parfois face. Cette recherche partenariale et qualitative mobilise des phases d’observation directe et participante ainsi que des entretiens individuels et de groupe auprès d’organisations syndicales, de groupes communautaires et de travailleur-euse-s directement concerné-e-s par cette hausse du salaire minimum. Ses deux objectifs sont, premièrement d’étudier les impacts qualitatifs d’une telle hausse sur les travailleur-euse-s dont la rémunération est comprise entre 15 $ et 19 $/h — une catégorie où se manifestent justement une partie des réticences observées (travailleur-euse-s syndiqués, indépendants, en PME, immigrants, etc.) – deuxièmement d’analyser les interactions entre les organisations syndicales et non syndicales (groupes communautaires et autres) sur ces enjeux, dans le contexte des différentes campagnes menées en coalition ou séparément. Certains résultats montrent que la cohésion de ces campagnes paraît fragilisée par deux types d’obstacles. Le premier, porte, d’une part, sur les interactions intrasyndicales, entre centrales, syndicats affiliés et syndicats locaux et d’autre part, sur les relations entre les groupes communautaires représentant des catégories diverses : professionnelles, communautaires, travailleur-se-s non-syndiqué-e-s, femmes, immigrants, etc. Le deuxième type d’obstacles concerne les relations externes : d’abord, « l’alliance naturelle» censée renforcer la collaboration entre organisations syndicales et groupes communautaires se heurte à des obstacles allant de l’initiative de « faire cavalier seul » de certains acteurs, aux dissidences à des moments décisifs de la campagne; il y a ensuite les relations extérieures, problématiques ou lacunaires, entretenues — ou non — par les organisations syndicales et les groupes communautaires avec les autres acteurs de la société civile : les organisations patronales, les médias et, surtout… avec l’État. Mots-clés: Salaire minimum, campagnes 15 $, action collective, syndicalisme, groupes communautaires.
Ce rapport de recherche présente les résultats d’une enquête de terrain menée entre février et juillet 2018 par cinq membres du GIREPS en partenariat avec le Collectif pour un Québec sans pauvreté (CQSP) dans le but de répondre à la question suivante : Pourquoi les personnes assistées sociales considérées « sans contraintes à l’emploi » ne travaillent-elles pas ? Après avoir discuté du rapport au travail des personnes assistées sociales, le rapport expose ensuite, en dix chapitres, dix raisons pour lesquelles les personnes assistées sociales interrogées ne travaillent pas. Ces explications sont accompagnées de nombreux extraits des entretiens, mettant ainsi en valeur la parole des personnes assistées sociales interrogées et présentant, dans leurs propres mots, leur situation. Par ailleurs, un document synthèse regroupe en quelques paragraphes, les points saillant du rapport de cherche.
C’est le document synthèse qui présente les résultats d’une enquête de terrain menée entre février et juillet 2018 par cinq membres du GIREPS en partenariat avec le Collectif pour un Québec sans pauvreté (CQSP) dans le but de répondre à la question suivante : Pourquoi les personnes assistées sociales considérées « sans contraintes à l’emploi » ne travaillent-elles pas ? Le document regroupe en quelques paragraphes, les points saillant du rapport de recherche.
Cette recherche fait état tant des pratiques que de la jurisprudence à la Régie du logement en matière de reprises de logement et d’évictions pour agrandissement, subdivision et changement d’affectation. Gallié, Martin, Julie Brunet et Richard-Alexandre Laniel, Les expulsions de logement «sans faute» : le cas des reprises et des évictions, Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec, Service aux collectivités de l’UQAM, Montréal, janvier 2017.