Reconceptualising Work and Employment in Complex Productive Configurations

Martine D’Amours – Université Laval, Canada Leticia Pogliaghi – Universidad Nacional Autónoma de México, México Guy Bellemare – Université du Québec en Outaouais, Canada Louise Briand – Université du Québec en Outaouais, Canada Frédéric Hanin – Université Laval, Canada   Abstract Increasingly, work and employment take place within network firms, value chains, and other organisational forms extending control beyond the firm’s legal boundaries. This article proposes a model rooted in sociological concepts (work organisation, control, and risk) to analyse how social relations of work and employment are structured, and how inequalities are manufactured, in these organisational forms. First, we change the level of analysis, moving from firm to productive configuration. Second, we propose the notion of social labour relations, to grasp the relationship between workers and any entity likely to control their conditions of work and employment. Social labour relations articulates five dimensions that could be used to compare groups of workers who are participating in the same configuration. Third, we analyse how control is exercised by which entity/entities and over which social labour relation dimension. Such an understanding is essential to provide avenues for institutional renewal: namely to reconnect control and responsibility. Keywords: control, employment relationship, productive configuration, risk, social labour relation

Articles scientifiques

Martine D'Amours; Leticia Pogliaghi; Guy Bellemare: Louise Briand; Frédéric Hanin

Treatment Disparities Viewed through the Lens of the Network Firm

Abstract The decentralization of productive processes through vehicles such as the network firm or global value chain has led to a significant and well-documented growth of inequality in wages and other work conditions. Some attempts have been made at the Québec, ILO and European Union levels to combat the inequality associated with atypical employment, through legislative measures aimed at combating treatment disparities based on employment status. In this paper, the author evaluates the effectiveness of these measures by proposing and testing a new analytical model — one which distinguishes between the location of production (or work activity) and the nature of the employment relationship. Production may be either decentralized or centralized, and within each of those options, the employment relationship may be either externalized or internalized. Thus, the model generates four possible combinations or “quadrants” in which to map an area for comparison of employment conditions. Within each quadrant, the author assesses the legislative tools intended to address treatment disparities based on status, concluding in each case that they fall well short of what is needed. Ultimately, she argues that the definition of treatment disparities must be broadened to take into account the social division of labour within the network firm. Accordingly, disparity of treatment should be found to exist whenever groups of workers doing the same or equivalent work within the same network firm are provided with different employment conditions.

Articles scientifiques

Martine D'Amours

Les indicateurs de la pauvreté et de l’exclusion : Connaître et comprendre les statistiques de la pauvreté et de l’exclusion sociale

Le présent document vise à présenter les principaux indicateurs statistiques qui sont utilisés au Québec, leurs méthodes de calcul et composantes ainsi que certaines statistiques importantes mobilisées dans les discussions portant sur la pauvreté. Ce faisant, nous visons à mettre en évidence leurs champs de validité ainsi que leurs limites et, surtout, d’offrir un outil permettant au public d’être en mesure de naviguer parmi ses indicateurs et de comprendre de quoi il est question lorsqu’un de ceux-ci est mobilisé. 

Cahiers du GIREPS, Rapport de recherche

Filiatrault, Jean-Francois

Conditions de travail dans le mouvement communautaire (Yanick Noiseux et Mylene Fauvel)

« Rehausser les conditions de travail dans le mouvement communautaire : le coup de barre nécessaire
Au cours de la semaine dernière, 1500 organismes communautaires ont organisé des grèves tournantes pour revendiquer un rehaussement du financement de 460 millions $ annuellement comme il le fait depuis 2016 sans se faire entendre par nos gouvernements. Cette année, non seulement le milieu communautaire revendique un meilleur financement pour répondre aux besoins de la population et continuer d’offrir des services et activités de qualité, mais les travailleurs – et surtout travailleuses qui y sont majoritaires – du secteur sonnent également l’alarme : il est impératif d’améliorer les conditions de travail sans quoi plusieurs ne seront plus en mesure de tenir le fort.

La difficulté à pourvoir les postes vacants dans de larges pans du secteur de l’action communautaire autonome – comme l’actualité l’a récemment mis en lumière notamment…. »

Articles de vulgarisation

Yanick Noiseux, Mylene Fauvel

Représentations médiatiques et opinion publique de l’assistance sociale au Québec

Cet article présente les méthodes, les analyses et les résultats de travaux de recherche portant sur la couverture médiatique de l’assistance sociale au Québec et sur les opinions des Québécois quant aux politiques d’assistance sociale et à leurs prestataires. Il discute des conclusions de recherche dans le contexte plus large des réformes des politiques d’assistance sociale au Québec. Il positionne de ce fait les activités de communication publique menées par des acteurs sociaux et politiques en lien étroit avec les rapports de force qui influencent les réformes apportées aux politiques sociales. Mots-clés : assistance sociale, politiques publiques, représentations médiatiques, opinion publique, Québec

Articles scientifiques

Normand Landry; Alexandre Blanchet; Sylvain Rocheleau; Anne-Marie Gagné; Pascale Caidor; Christiane Caneva

Authoritarianism and Attitudes Toward Welfare Recipients Under Covid-19 Shock

This paper has looked at the evolution of attitudes toward welfare recipients and the impact of authoritarian dispositions on these attitudes in the context of the Covid-19 health crisis. We used two representative surveys, the first (n = 2,054) conducted in the summer of 2019 and the second (n = 2,060) in Quebec in June 2020, near the end of the first wave of the Covid-19 pandemic in the province. One thousand one hundred and seventy eight participants in the second survey had also participated in the first, allowing to analyze potential movement among many of the same individuals. Overall, while our results clearly indicated that authoritarian dispositions were associated with more negative views of welfare recipients, the pandemic does not appear to have affected the relationship between these attitudes and authoritarian traits. Additionally, we found no evidence that a direct measure of perceived threat moderated the relation between authoritarianism and attitude toward welfare recipients. Yet, we did find that, in the context of the pandemic, authoritarianism was associated with the attribution of lower deservingness scores to welfare recipients who were fit for work, suggesting that authoritarianism interacts with an important deservingness heuristic when evaluating who deserves to be helped.

Articles scientifiques

Alexandre Blanchet; Normand Landry

Pauvreté au travail, transformations des marchés de l’emploi et trajectoires de résistance : un dialogue Nord-Sud

Dans les 25 dernières années, la croissance de la précarité d’emploi s’est accentuée du Nord au Sud à un tel point que le travail n’est plus un rempart contre la pauvreté, mais constitue bien souvent le chemin qui y conduit. Si les marchés du travail et de l’emploi se sont profondément transformés, l’action publique a aussi joué un rôle ambivalent : d’un côté elle a facilité la précarisation de l’emploi en y adaptant les modes de régulation du travail, et de l’autre elle a structuré des régimes de protection sociale qui, lorsqu’ils existent, peinent à compenser les insuffisances de l’emploi précaire. À la suite de ces changements découlant de l’adoption de politiques néolibérales, les stratégies de résistance des travailleurs pauvres se sont adaptées. Alors que le syndicalisme est en déclin, leur identité collective se recompose autour de nouveaux types d’organisations et des formes novatrices d’action collective apparaissent en réponse aux transformations observées. Ce collectif, qui s’adresse tant aux universitaires qu’aux citoyens engagés dans des luttes sociales, présente un tour d’horizon empiriquement riche de la réalité contemporaine des travailleurs précaires qui, au Nord comme au Sud, sont confrontés au travail qui rend pauvre, mais qui, aussi, inventent de nouvelles manières d’y résister.

Direction de livre

Emma Jean, Yanick Noiseux et Sid Ahmed Soussi

Cahier de recherche sociologique numéro 66-67, hiver–automne 2019: Le travail qui rend pauvre : action publique et résistances au Nord et au Sud

Ce numéro thématique consacré au « travail qui rend pauvre » s’est fixé pour objectif de faire le point sur l’apport de la recherche en matière d’action publique et de politiques sociales liées au travail précaire et sur les stratégies de résistance des travailleur.euse.s pauvres. Il se propose aussi d’alimenter la réflexion épistémologique sur ces enjeux, entre chercheur.e.s du Nord et du Sud global, dans la perspective d’une réorientation du regard porté sur les nouveaux paradigmes de l’action publique visant les travailleur.euse.s pauvres, mais aussi sur les résistances qui les remettent en question et qui sont souvent invisibilisées. Depuis maintenant plus de quarante ans, le glissement vers une politique économique néolibérale a marqué un saut qualitatif si important que l’aspiration à l’intégration complète et mondiale des travailleur.euse.s dans le salariat classique apparaissait désormais comme une « utopie à rebours ». Force est par ailleurs de constater que, dans la foulée de cette nouvelle « grande transformation », la fragmentation du travail et la flexibilisation des marchés de l’emploi – renforcées par la récurrence de périodes de crise et de reprise qui ne créent pas suffisamment d’emplois permanents à temps plein pour empêcher la progression des formes d’emplois atypiques et précaires au Nord et la prédominance des « emplois vulnérables » au Sud – ne peuvent plus être envisagées comme une donnée conjoncturelle. Elles doivent plutôt être entendues comme un trait marquant des nouvelles dynamiques de réorganisation du travail et de rerégulation de l’emploi. Comme le soutenait déjà Pierre Bourdieu au tournant du millénaire, ces transformations sont soutenues par une logique d’individualisation et de remarchandisation des relations de travail, de casualization croissante des contrats de travail et d’expansion des secteurs de l’économie informelle, avec pour conséquence la « destruction méthodique des collectifs » et l’aggravation de la vulnérabilité des travailleur.euse.s pauvres, tant sur le plan économique que sur celui des droits sociaux. Elles concourent également à accroître la segmentation des marchés du travail s’appuyant notamment sur une re-hiérarchisation des statuts d’emploi en fonction du genre, de l’âge, de l’origine ethnique et affectant plus largement les populations les plus vulnérables. Dans cette conjoncture, il apparaît que le travail ne peut plus être envisagé en soi comme un rempart face à la pauvreté. Cette dynamique s’est par ailleurs exacerbée dans la foulée de la révolution du numérique, et depuis la crise de 2008, avec l’essor de la « gig economy », ou économie de plateformes, caractérisée par le recours à des dispositifs algorithmiques d’incitatif au travail et de contrôle permanent, un morcellement des horaires à travers l’octroi de microtâches, la facilitation de la mise à disponibilité d’une « armée de réserve » de travailleur.euse.s précaires et « jetables ». La pandémie actuelle, poussant bon nombre de personnes vers ce que certains appellent la « hustle–economy », semble par ailleurs pousser encore plus loin la tendance à l’entreprisation de soi dans le capitalisme avancé. Les travaux des vingt dernières années portant sur les transformations et la remise en cause de l’État social insistent tous sur le parallélisme entre l’effritement du modèle salarial et le changement de paradigme dans le champ des politiques sociales. À la précarisation provoquée par la transformation des modalités de gestion de la main-d’oeuvre et les multiples réformes du droit du travail s’est ajouté un accroissement des modalités, du ciblage et des contrôles des prestations sociales (assurance-emploi, aide sociale, prestations familiales, « bolsa familia [bourse famille] », programme NREGA en Inde, etc.). Au Canada, l’exclusion partielle ou totale des mécanismes traditionnels de protection sociale des travailleur.euse.s migrants temporaires, mais aussi des travailleur.euse.s indépendants, d’agences, ou à temps partiel, …

Articles scientifiques, Direction de revue, Ouvrages

Yanick Noiseux et Sid Ahmed Soussi

Le « Grand confinement » et l’action publique durant la première vague de la COVID-19 au Québec : Regards sur les rapports de genre, de race et de classe dans quatre secteurs d’emploi

Au printemps 2020, en contrepoint de ce qui a été appelé le « Grand confinement », des milliers de travailleur·euses·s ont continué à travailler quotidiennement à l’extérieur de leur domicile, s’exposant au risque de contracter la COVID-19, faisant souvent face à une hausse de leur charge de travail et devant composer avec les défis de conciliation travailfamille-études. Qualifié·e·s d’« essentiels », ces travailleur·euse·s et leurs emplois ont été au cœur de l’action publique ; ils et elles incarnent la tension entre la nécessité de répondre aux besoins vitaux de la population et celle de préserver du système économique capitaliste qui fut mise à l’épreuve par la pandémie. S’inscrivant dans le prolongement des réflexions sur le rôle de l’État dans la structuration des marchés du travail, ce rapport présente et analyse de manière croisée quatre études de cas portant sur des secteurs d’emploi qui furent particulièrement concernés par les enjeux de l’action publique dans le cadre de la première vague de la pandémie de COVID-19 : 1) le secteur des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), 2) les organismes d’action communautaire autonome, 3) l’exploitation maraichère et 4) l’industrie de la construction. Ce rapport met en lumière le paradoxe d’un « Grand confinement » marqué, pour bon nombre de travailleur·euse·s au Québec, non pas par une « mise sur pause », mais plutôt par une injonction forte au travail soutenue par des mécanismes d’activation et d’incitation méthodiquement construits par l’intervention gouvernementale provinciale et fédérale. Impliquant des dispositifs qui, dans un double mouvement, incitent et contraignent la mobilité des travailleur·euse·s sur le marché du travail suivant des modalités de précarisation se déployant à l’intersection de rapports de genre, de race et de classe, ces interventions ont contribué au prolongement des divisions du travail et de leurs modalités d’exploitation, et ce, au sein même des « travailleur·euse·s essentiel·le·s ».    

Cahiers du GIREPS, Rapport de recherche

Laurence Hamel-Roy, Mylène Fauvel, Corynne Laurence-Ruel, Yanick Noiseux

Rôles et contributions de l’analyse inductive dans l’étude de pratiques communicationnelles d’organismes à but non lucratif : le cas de groupes de lutte à la pauvreté au Québec

Les pratiques communicationnelles des organismes de lutte à la pauvreté sont peu documentées dans les écrits scientifiques. L’approche inductive a été préconisée dans une étude exploratoire qui porte sur ces pratiques, à travers le discours et les perceptions de responsables des communications au sein d’organismes communautaires militants contre la pauvreté. Cet article présente les étapes de la méthode employée : la problématique de départ, le choix du terrain, la sélection des participants, le processus de codage et d’analyse des données et la construction d’une arborescence de sept catégories signifiantes ayant émergé des entretiens individuels et de groupe. Au total, 22 responsables des communications travaillant au sein de 19 organismes répartis dans 7 régions administratives du Québec ont été rencontrés sur une période d’un an. L’analyse inductive a permis d’identifier leurs revendications, les facteurs contextuels facilitant la mobilisation des acteurs, les difficultés rencontrées sur le plan des communications, leurs objectifs, leurs stratégies, leurs moyens de communication et enfin, les publics auxquels ces organismes s’adressent. L’article se penche plus spécifiquement sur l’origine et la composition d’une catégorie centrale, « Difficultés rencontrées par les organismes », afin d’illustrer comment l’approche inductive a fait émerger sept sous-catégories qui relèvent de deux dimensions, l’une d’ordre structurel et l’autre d’ordre relationnel, et qui expliquent en partie pourquoi ces organismes peinent à occuper l’espace public et médiatique. Les raisons expliquant la difficulté à occuper cet espace n’auraient pu être identifiées sans le recours aux entrevues individuelles et de groupe. Mots-clés : Pratiques communicationnelles, pauvreté, approche inductive, entretiens individuels, entretiens de groupe, organismes communautaires

Anne-Marie Gagné; Normand Landry; Pascale Caïdor; Christiane Caneva; Mathieu Bégin; Sylvain Rocheleau